Documents - Soirée Ce qui secret - 24 mai 2012 à Nantes [4] - Ce qui secret 24 mai 2012
 [un écho ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici]

 

 

 

 

 

22 avril 2012, 23 avril

 

 

 

 

 

2012, 24 avril 2012, 25

 

 

 

 

 

avril 2012, 26 avril 2012,

 

 

 

 

 

27 avril 2012, 28 avril

 

 

 

 

 

2012, 29 avril 2012, 30

 

 

 

 

 

avril 2012,

 

 

 

 

 

 

 

 

bi-portrait Anne K - Mickaël Phelippeau
 

 

 

    chère Anne K
Tararine,
tu laisses un espace presque divisé en deux
je pense à notre début de bi-portrait
non plus (ou pas que) photographique
nous l'avons entamé il y a quelques
années avec toi en ping pong
mais aujourd'hui
l'espace est presque divisé en deux
au dessus de la pointe, le vide blanc
apparent
la jaune, putain le jaune ! Tiens, j'ai
écrit "la"
et ce rêve que je viens de noter
ailleurs : la nuit dernière, j'ai rêvé
d'inondation. (...) Dans ma sensation,
c'est entre la réalité et un spectacle.
Un robinet fuyait dans un immense
espace biscornu. J'ai voulu couper
l'eau depuis un endroit central, ce que
j'ai commencé à faire. Mais j'ai eu
peur de faire une erreur, je n'y
comprends rien et tout à coup ça
devient une responsabilité énorme. Je
ne savais plus ce qu'il était
préférable de faire, alors j'ai ouvert
de nouveau le débit. J'ai préféré cette
solution, je ne sais pas pourquoi. Mais
comme je ne contrôlais absolument rien,
j'ai eu l'impression que
j'allais aggraver la situation si je
laissais cet espace à sec. Je n'ai rien
dit à personne, je ne sais pas
pourquoi, alors qu'il y avait des
personnes autour de moi. J'ai vu que
l'eau montait dans la pièce où je me
trouvais, il y avait d'autres personnes
mais j'étais a priori le seul à m'en
apercevoir. L'eau a d'abord gagné nos
chevilles, ce n'était pas tant une
sensation d'humidité que le fait de
voir le niveau de l'eau tremper les
chaussures et le bas des pantalons des
autres. Puis l'alerte a été donnée
quand l'eau est arrivée à notre taille,
comme si personne ne s'était rendu
compte de rien avant. Avant ce
mouvement de panique, j'ai également
fait comme si tout était normal,
personne n'y prêtant aucune attention.
Je me demande si tout le monde n'a pas
feint.
boire
baiser
je l'ai rencontré
petit, je voulais un slip jaune
le premier que m'a mère m'a offert
était un slip de bain
premier cours de natation : je le perds
dans les vestiaires de la piscine du
centre ville, je suis alors condamné à
porter le rouge
  mais aujourd'hui
le contrôleur passe devant moi alors
que je suis en train d'écrire dans le
train, je lui dis : "je n'ai pas de
billet", il me répond : "voulez-vous un
billet ?" ce à quoi je réponds : "non,
je veux simplement aller au bout de ce
trajet", il me dit : "ha ! Je repasse
tout à l'heure"
ha, il revient un billet à la main et
me dit : "voulez-vous ce billet ? Une
personne en a un en trop !", je lui
réponds : "je préfère que vous
repassiez", il repart
on m'appelle souvent Philippe parce que
je m'appelle "Phelippeau", un jour,
j'ai vu mon nom écrit "Felipo"
mais aujourd'hui
je regarde les cols V et les chemises
déboutonnées des hommes qui passent
devant moi
j'observe les poils qui dépassent, s'il
n'y en a pas, mon regard ne s'attarde
pas
cette semaine, j'étais à Lille
dans l'appartement où nous étions, j'ai
appris qu'il y a eu une inondation dans
la salle de bain
l'eau a jailli pendant une heure
mais aujourd'hui
Elli me rappelle que dans les rêves,
l'eau est un symbole sexuel
et le jaune ?
hier soir, alors que je rentrais de la
gare, je tirais une valise jaune à
roulettes, je portais un sac jaune à
bandoulières au bras et un autre jaune
à dos, un blouson jaune, des chaussures
jaunes. Deux jeunes filles
m'interpellent, me disent qu'elles
adorent le jaune, je leur dis que je
les comprends mais que ça ne se voit
pas. L'une d'elles a un fin bracelet
jaune au poignet
mais aujourd'hui
le contrôleur repasse, me demande la
destination
j'ai dansé un duo d'afro-contemporain
qui s'intitule "Ça fait du bien de
manger une datte"
mais aujourd'hui
je rencontre une femme qui a chanté "les dattes"
j'ai proposé à des étudiants de tirer
un tuyau jaune dans l'espace pour
tracer une ligne dans un espace vert,
la nuit
Mickaël
Tararin

 

Mickaël Phelippeau - Montreuil - 13 Mars 2012
On y est - Frédéric Dumond
 

ça va vite
très vite
très très très vite
plus vite
encore plus vite
c'est dans le temps

c'est su
on le sait
on sait ça
oui

sans aucun doute
on peut le savoir
ça peut être su

mais ça va plus vite
encore plus vite que
encore plus vite que ce qu'on sait
plus vite
oui ça y va
vite
ça va même plus vite que ça
beaucoup plus vite

tout le reste
chacun
nous tous
tout le reste
est lent
tellement lent

tout le reste ne sert à rien
absolument à rien
c'est lent
tellement lent
tout le reste est sans poids
sans rapport
sans aucun rapport

ça ne suit plus
on ne peut plus suivre
on reste sur place
à parler
à dire
à s'occuper

on reste là
en position
et encore

on essaie de rester
de rester
de rester quelque part
c'est difficile
de plus en plus dur
c'est de plus en plus difficile de rester
même ça
simplement rester
simplement là
est de plus en plus dur

ça n'arrête pas
tout autour
ça n'arrête pas
ça ne s'arrête plus
plus jamais
ça code en continu
ça commande en continu
ça ne ralentit jamais
c'est sans fin
c'est absolument sans fin

et déjà
déjà aujourd'hui
maintenant déjà
il n'y a
il n'y a presque plus
déjà presque plus
déjà plus, ou presque
de place
de place pour autre chose
déjà plus de place pour autre chose

Frédéric Dumond - Montreuil - 15 Novembre 2010
Il n'y a plus - Frédéric Dumond
 [un écho ici]

il faut
il le faut
oui
il le faut

sans
sans ça
on ne peut pas

c'est impossible
sans ça
sans il faut
on ne peut pas

à la fois
on ne peut pas
sans ça
c'est invivable sans ça
absolument invivable sans ça

et en même temps
en même temps
ça ne sert plus
ça ne sert à rien
c'est sans poids
en même temps
ça n'a plus aucun poids

c'est nécessaire
oui
vital
sans doute vital

et à la fois
de moins en moins
de moins en moins vital
c'est
aujourd'hui
vital pour qui
pour combien

oui
pour combien
quel nombre
combien de

c'est aujourd'hui
vital
pour si peu
ça a du sens pour peu
pour si peu

c'est devenu

un souvenir
oui
un souvenir
et rien d'autre

c'est
aujourd'hui
sans écho

c'est peut-être
peut-être aussi
oui
c'est peut-être aussi
une plainte
comme une plainte
une plainte

c'est aussi
peut-être
un sursaut
ça peut être un sursaut aussi
oui
c'est possible
que ce soit ça
qu'il y ait encore de quoi
encore un peu

possible

c'est à chaque fois possible
et à chaque fois
on en revient
on y va
et on revient
alors
quoi
il se passe quoi

ça n'est plus là
ça n'est plus nulle part
à de rares exceptions
ça n'existe plus nulle part

ça n'agit plus

il n'y a plus de moyen
plus aucun moyen

véritablement
c'est sans force
aujourd'hui sans aucune force

une plainte
perdue
perdue
entourée
lente

tout autour
tout autour
partout
maintenant
partout
du temps machine

Frédéric Dumond - Montreuil - 15 Novembre 2010