Série à peindre - Françoise Valéry
 

Format horizontal
épais trait brun vertical à gauche
s’interrompt avant le bas
fond supérieur bleu sombre
inférieur gris clair
au milieu grande forme beige plus clair à gauche
grand trait oblique jaune clair traverse cette forme
rejoint l’angle inférieur droit

Format vertical
fond anthracite plus sombre à droite
moucheté de jaune et de vert
rectangle horizontal blanchâtre en haut à gauche
3 triangles élancés rayés orange et blanc
barrent la surface de bas en haut

Format horizontal
grand carré vanille fond perdu haut et bas
en son centre brille un point gris
de part et d’autre verticales café crème
sur la droite du carré un trait vertical gris
suivi d’un autre plus fin et sombre

Format horizontal
noir à gauche gris à droite
au centre un rond rougeâtre
en son centre un rond plus sombre
étoilé comme un impact

Format horizontal
fond entièrement gris
ligne médiane verticale légèrement penchée
gris plus sombre
sur la droite un trait horizontal
gris plus clair
surplombe un petit rond de même couleur

Format horizontal
fond gris bleuté moyen
un grand cercle tracé
légèrement plus sombre
orné de pois et de lettres
motif grillagé dans un plus petit cercle au centre

Format horizontal
fond gris clair
disque blanc au centre
à l’intérieur deux formes rondes accolées
l’une orangée l’autre jaune pâle
un point noir en son centre

Format horizontal
fond vert pré
un grand cercle blanc épais
décentré vers le bas
en son centre un rond sombre
ou se dessine une fine étoile noire à 6 branches
lettrages blancs sur le fond vert
en demi-cercle sur 3 lignes
au-dessus du cercle blanc

Format vertical
grande grille trapézoïdale plus large en bas
presque plein cadre
grise entourée de gris plus clair
trame horizontale fine
3 gros traits verticaux blancs en arrière plan
tache vert vif en bas à droite derrière la trame

Format horizontal
fond beige chiné de noir et de blanc
fine croix noire décentrée en bas à gauche
partage tout le format comme un repère orthonormé
fine étoile vert clair à longues branches
centrée sur la ligne horizontale
petites formes grises allongées juste au-dessus

Format horizontal
fond gris bleu
une barre verticale noire
légèrement oblique près du bord gauche
petit rectangle bleu Klein vertical descend du bord supérieur côté droit
suivi d’un petit carré noir
centre barré d’une grande forme grise allongée
penchée vers la droite

Format horizontal
fond beige clair
taches vertes à gauche et plus petites dans le bas à droite
grand disque blanc au centre surmonté d’un disque bleu nuit
cerné et barré de rouge
lettrages blancs
traces noires au-dessus et en-dessous du disque
à droite 2 traits noirs obliques montent à 45°

Format horizontal
fond gris clair
4 traits noirs obliques partent du haut
3 dans un sens 1 dans l’autre
deux longs descendent assez bas
deux sont plus courts
reliés par paire dans leur bas par d’autres traits noirs
petite tache noire au bord supérieur à droite

Format horizontal
fond gris plus sombre à gauche
grand trapèze vertical épais contour chocolat à gauche
à l’intérieur trapèze plus petit fin contour orange
partie supérieure contient un rectangle blanc vif
à droite dans le même trapèze contour orange inversé en miroir
un L chocolat
rectangles blanc moins vif en haut et en bas
du noir et un court trait vertical beige au centre

Françoise Valéry - Bordeaux - 3 Décembre 2012
Documents - Soirée Ce qui secret - 24 mai 2012 à Nantes [6] - Ce qui secret 24 mai 2012
 [un écho ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici]

 

 

 

 

 

 

 

Dix parus


Elle aimait à lui entendre chanter les bardits qui passaient comme la caverne de génération en génération dans cette famille, et auxquels s'ajoutaient parfois des strophes nouvelles, quand un barde nouveau y naissait à travers les âges.

(Louise Michel, La Misère, 1882)


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1 – Mesdames, Messieurs, votre attention, s’il vous plaît :

on signale la disparition de l’auteur.

Elle ne date pas d’hier mais au moins de 1897

élocutoire, comme on disait à l’époque.

Aboli blackboulé disqualifié ou mort.

 

(Va savoir.)

 

 

2 - Une partie de ses lecteurs s’inquiète,

voulant à tout prix séparer le grain de lui vrai

(ou supposé tel),

recherchant sans cesse des anecdotes, des indices :

si quand il était jeune il avait déjà tendance à se tenir en retrait dans les mots, dans un carnet de quel format de quelle couleur acheté où et à quel prix sous quelle latitude, etc.

En fait, le scénario est impurement fictif, comme si l’initiative était laissée aux mots.

 

(Une autre partie s’en fout éperdument.)

 

 

3 – Pourtant, il était là il y a quelques phrases puis d’un coup pfuit, il fait sa référence et puis s’en va.

On se réveille et plus personne à l’horizon à percer seul le mystère reste

entier – et encore faudrait voir.

La plupart des témoignages sont concordants, c’est-à-dire qu’ils se recoupent dans les faits les lignes grandes ou pas.

 

(Dans ces cas-là, mieux vaut lire entre.)

 

 

4 - A-t-il été victime d’un rôdeur textuel

ou s’en est-il allé errant par erreur perdu dans le brouillage

ou bien ne voulant plus figurer comme sujet d’énonciation / d’identification / d’étude pour section littéraire ?

En somme, s’est-il ôté lui-même sabotant son phrasé s’opérant de la poésie avec ou sans anesthésie ayant sauté en dehors du fameux rang ?

 

(L’hypothèse d’une fugue n’est donc pas à écarter à l’heure où nous parlons.)

 

 

5 - A-t-il disparu sur le front et à la barbe de qui est parfaitement reconnaissable sur la photo de 1916 à sa tête
bandée son
œil tou
jours vif ?

 

(Le voici devant vous un homme plein d’absence.)

 

 

6 - De quelle hauteur il est tombé c’est aussi à déterminer.

La reconstitution (de texte) est en cours,

les analyses finiront bien un jour par le coincer entre deux paragraphes.

 

(Du moins si l’on en croit les experts.)

 

 

7 –  À beau lire finit par
s’absenter sans motif
apparent abrégé
par filer dans le vide
loin de tout absolu
en lettres et le nez en
trompette ni tambour c’est
qui qui bafouillant
la bouche bée sa syntaxe
incognito qu’il dit
à s’en crever le nom
bril les yeux sur sa bio
psie à en perdre jusqu’aux
plumes aux os à plus soi
faut dire qu’il y a de ça
rime à rien de frimer
abstenu à distance
passé à la découpe
on dirait qu’c’est fait pour
compter ses abattis
1, 2, 3, 4, 5, 6,
pour cueillir des cerises
plus becquetées que dés
à coudre ou à lancer
toute pensée en émet
dans l’espace c’est connu
en rajoute mot à mot
au passage tout en ju
tant qu’il peut énoncer
signifie produire* la
production décline toute
responsabilité
mais qui finalement l’é
coute la peau et le reste
c’est à voir

 

(à suivre)

 

 

8 – D’ailleurs, aucune piste n’est exclue par les enquêteurs.
En fait, il s’agit peut-être d’une simple oscillation de l’un à l’autre, d’un entre-deux, d’un

battement de paupières à travers les nombreux substituts pronominaux à la place et en lieu (du crime où revenant) qui n’aura eu lieu que lui-même.

 

(Se passe de commentaires.)

 

 

9 – Impersonnel qu’il est qu’il soutient se neutralise mordicus,

ayant cependant laissé des traces ici ou là car l’ayant dans le blanc le baba,

ne pouvant en sortir malgré tous ses efforts pour disparaître de l’être l’étant jusqu’aux oreilles 24 h / 24,

son odeur imprégnée dans la moindre syllabe.

 

(Pas besoin de tests ADN pour se rendre compte de ça.)

 

 

10 - Si vous le retrouvez, veuillez le ramener :

- à la caisse centrale

- à la table des négociations

- au point de vente le plus proche de votre domicile

- à la thématique choisie cette année par les organisateurs

- bref, à la raison et si possible dans l’état, c’est-à-dire dans le texte où vous l’avez pris.

 

(Merci.)

 

 

 

 

 

 

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*Mallarmé
 

 

 

 

 

 

 

 

 

6

 

 

 

 

 

 

 

mai 2012,

 

 

 

 

 

 

 

 

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mai 2012,

 

 

 

 

 

 

 

 

9

 

 

 

 

 

 

 

 

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15

 

 

 

 

 

 

 

 

mai 2012,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16 mai

 

 

 

 

 

 

 

 

2012,

 

 

 

 

 

 

 

 

17

 

 

 

 

 

 

 

mai 2012,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[Soirée Ce qui secret à Nantes le 24 mai 2012, au Pannonica, à l'invitation de la Maison de la poésie de Nantes et du Pannonica. Avec Heddy Boubaker, Bruno Fern, Geneviève Foccroulle, Pauline Gélédan, Marta Jonville, Marc Perrin, Gwenaëlle Rébillard, Jean-Marc Savic. Documents.]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Documents - Soirée Ce qui secret - 24 mai 2012 à Nantes [5] - Ce qui secret 24 mai 2012
 [un écho ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici]

 

 

 

En boucles

 

 

(caverne)

d’où nous serions sortis d’affaire donnant un sens
plus pur à la tribu ethniquement sous contrôle
tu parles en astiquant les parois du vocable
en l’exhibant son sans fond à la vue son trou

 

 

(production)

en trompe l’œil et le bon qu’à ça le
corps tenu comme un vers qu’un rien fasse de l’effet
ici pour de vrai qui vivra l’ouv
rira le dernier saura si c’est conçu

 

 

(revenant)

de loin donc de tout à traverser le fleuve
où les baignades ne se ressemblent pas
comme deux gouttes le poème doit se lire se retour
ner sur lui-même que le phrasé l’emporte

 

 

(brouillage)

à couper au couteau la langue la lécher
chaque syllabe un mot peut en cacher un autre
à force de décoder chercher les embrouilles
ça finit par jouer des flûtes ou du sifflet

 

 

(pensée)

pour les vastes oiseaux *  farcis au plastique toc
sur Midway les paupières fermées contre la pub
l’olivier tordu face au Mur le solo
que lance Charlie Haden de sa cage en plexi

 

 

(l’écoute)

dans le texte sous toutes les coutures à relu
quer le souffle entre en ligne dans l’expérience
à tendre l’oreille & quoi de pas nommable
hors fréquence pourtant disponible en français

 

 

(se réveille)

en plein milieu du mot **  eh ça va pas la tête
laisse dormir la majorité si
lencieuse qu’il ne faut secouer ni de larmes ***
ni de quoi que ce soit qui malgré tout arrive

 

 

(auteur)

à mesure clipsé dans le moteur rugis
sant quand il se prend dans la syntaxe les mu
queuses à qui le pronom renvoie dans les cordes
creux sonnant à force de courir le furet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1er mai 2012,

 

 

 

 

 

2 mai

 

 

 

 

 

2012,

 

 

 

 

 

3 mai 2012, 4 mai

 

 

 

 

 

2012, 5 mai

 

 

 

 

 

2012,

 

 

 

 

 

* Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, (Baudelaire)

 

 

 

 

 

** Ce qui distingue la poésie de la parole machinale, c'est que la poésie justement nous réveille, nous secoue en plein milieu du mot. (Ossip Mandelstam)

 

 

 

 

 

*** Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes. (Henri Calet)

 

 

 

 

 

[Soirée Ce qui secret à Nantes le 24 mai 2012, au Pannonica, à l'invitation de la Maison de la poésie de Nantes et du Pannonica. Avec Heddy Boubaker, Bruno Fern, Geneviève Foccroulle, Pauline Gélédan, Marta Jonville, Marc Perrin, Gwenaëlle Rébillard, Jean-Marc Savic. Documents.]

 

 

 

 

 

Documents - Soirée Ce qui secret - 24 mai 2012 à Nantes [3] - Ce qui secret 24 mai 2012
 [un écho ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici]

Soirée Ce qui secret à Nantes le 24 mai 2012, au Pannonica, à l'invitation de la Maison de la poésie de Nantes et du Pannonica. Avec Heddy Boubaker, Bruno Fern, Geneviève Foccroulle, Pauline Gélédan, Marta Jonville, Marc Perrin, Gwenaëlle Rébillard, Jean-Marc Savic. Documents.

Avec queques notes manuscrites, un texte de Marie de Quatrebarbes, et un scann d'une carte postale de Roberto Martinez édité par zédélé éditions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jusque là, elles ont su prouver le contraire

Réduction-dissolution, lorsque formation et triage s’éprennent, constituant au fil de la cuillère de longs filaments de cela qui se perd, et dont il convient ici de taire le nom. Le premier pose un regard scrupuleux aux bordures, y attrape de plurielles ressemblances, des rivages ou rivaux qui signalent un point d’entrée, une façon de main-prendre quelque chose, substantiellement, digressif et surgi de nulle part. Je ne saurais le dire s’il fallait l’inventer, ou serait-ce donner un indice palpable. Serait celui où commence et finit le triage, interrompt les secondes agrégées selon toute évidence au hasard d’un pluriel féminin. Nous serions devant lui les différents assemblages - pluriels et féminins au regard de cela qui se présente à la tierce personne.

Serait celui qui présume d’un nouveau lieu, invitation à entrer en feu de pagaille ou tison s’embrasant. Et pourtant. A forcer réduction-collision, le regard accoutumé adresse une ligne masculine dont nous sommes les seules destinataires. Et depuis ce jour-là, au prétexte qu’il faille avancer sans jamais baisser la garde, du pluriel au second féminin celui qui draine et convie, s’accoutume au poignard qui coupe dans la chair de vaines espérances. Comme le "e" ajouté en fin des mots dirige son faisceau vers un point de pleine envergure, subsidiairement là où il convient de poser la main, et dont se forge presque aussitôt un non-advenu. Vers ce "elles" auquel nous nous appartenons et que nous parcourons en tous sens, dans la plaine plurivoque et selon toute vraisemblance, à mesure qu’elle avance, entonne ou entame son chant.

Au garçon qui se prête au jeu des contrastes, accepte des surfaces qu’elles se gorgent de boue et s’écartent inlassablement du point d’origine. Les journées se recueillent au fil du couteau, offrent un point de vue à l’ensemble, à l’unisson d’un cœur dont on dit qu’elles sont sœurs tout autant. Jeunes filles qui battez la campagne, comprenez-moi bien. Vous n’êtes plus l’ombre de vos fleurs, prononcez des mots qui vous chahutent, un rien de mémoire qui vous porte plus haut que sillage, de l’autre côté du sentiment. Virginale comme vous êtes, le temps vous gratte le dos, impose à votre échine une courbe nouvelle. Assaillies par l’urgence, comme elle glisse sur vos joues ensalées, un lieu saint au dessein insoluble : débordements et revers s’y confondent. C’est la loi primordiale mappemonde, dont les bords incurvés nous rappellent au rétrécissement, s’animent comme la joue sous le sang, à l’heure intacte de la réconciliation.

 

Jusque là, elles ont su prouver le contraire - Marie de Quatrebarbes - [en écho à...]

 

 

 

 


- Roberto Martinez - "Principe de réalité n°23 : ... cet après-midi, piscine." - rien n°47 - octobre 2005 - zédélé éditions - brest - www.zedele.net - issn 1299-8168 - gratuit - carte postale - scann -

 

 

 

 

Documents - Soirée Ce qui secret - 24 mai 2012 à Nantes [2] - Ce qui secret 24 mai 2012
 [un écho ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici]

Soirée Ce qui secret à Nantes le 24 mai 2012, au Pannonica, à l'invitation de la Maison de la poésie de Nantes et du Pannonica. Avec Heddy Boubaker, Bruno Fern, Geneviève Foccroulle, Pauline Gélédan, Marta Jonville, Marc Perrin, Gwenaëlle Rébillard, Jean-Marc Savic. Documents.

Avec un croquis, un entretien de Véronique Anger avec Jean-Jacques Kupiec publié par Agora Vox, des images, des phrases...

 

 

 

 

 

 

Ci-dessous, un entretien de Véronique Anger avec Jean-Jacques Kupiec, à l'occasion de la parution de « L’origine des individus» de ce dernier. Entretien publié le vendredi 19 décembre 2008 sur  Agora Vox.

Véronique Anger : En ouverture de votre livre, vous rendez hommage à M. Jean Tavlitzki, votre ancien professeur de génétique. Est-ce lui qui vous a inspiré « L’origine des individus» ?

Jean-Jacques Kupiec : D’une certaine manière, oui. Lorsque j’étais étudiant, j’ai eu la chance de rencontrer un professeur qui m’a inspiré au sens le plus profond du mot et qui m’a aidé à me construire intellectuellement. Cette histoire est assez paradoxale car elle s’est déroulée dans la période de l’après Mai 68 alors que nous contestions violemment le pouvoir, notamment le pouvoir professoral. Sans m’en rendre compte, je me suis retrouvé pris dans une relation maître-élève très forte qui m’a beaucoup influencé. J’avais envie de le raconter et j’ai saisi l’occasion de le faire dans la préface de « L’origine des individus ». Je voulais rendre hommage à mon professeur, mais cette histoire pourrait aussi avoir un sens dans la période actuelle. On parle beaucoup de réforme de l’université, mais rarement de la relation professeur étudiant. Il me semble que cette relation est centrale dans le fonctionnement de l’université et que toute réforme devrait le prendre en compte.

VA : Si j’ai bien suivi votre démonstration, en plus d’être injuste, le déterminisme génétique serait « faux » scientifiquement ?

JJK : En effet, le déterminisme génétique est infirmé par les données expérimentales de la biologie moléculaire, ce qui nécessite un remaniement théorique. Selon la théorie classique, les gènes permettent la fabrication de protéines hautement spécifiques. Cela signifie qu’elles « s’emboîtent » comme les pièces d’un puzzle pour construire l’organisme sans qu’il y ait le moindre hasard dans ce processus. Comme vous le savez de très nombreuses protéines ont été isolées depuis cinquante ans. Mais, lorsqu’on analyse leurs propriétés, on se rend compte que ces protéines ne sont pas spécifiques. Au contraire, elles sont capables d’interagir (de « s’emboîter ») avec de très nombreuses molécules partenaires. Pour reprendre l’analogie du puzzle, c’est comme si une pièce, au lieu d’avoir un partenaire unique avec laquelle elle s’emboîte, était capable de s’emboîter avec de très nombreuses autres pièces. Dans ce cas, il ne serait plus possible de reconstituer la figure de ce puzzle. Il en est de même avec les protéines d’une cellule. Du fait de leur non spécificité on ne comprend pas comment elles peuvent s’organiser pour créer une structure viable. Cela pose un problème énorme qu’il faut résoudre.

VA : Vous remettez également en question les principes d’auto-organisation. Affirmer que les éléments d’un système ne relèverait pas d’un processus spontané va à l’encontre des idées généralement admises…

JJK : Effectivement, du fait des limitations de la biologie moléculaire classique, les théories de l’auto-organisation ont été proposées par de nombreux chercheurs comme une alternative. Dans mon livre, j’ai donc procédé à une analyse pour savoir si elles permettent de résoudre la difficulté posée par la non-spécificité des protéines. Ma réponse est négative. Ces théories reposent, soit sur des protéines spécifiques, soit impliquent des contraintes qui ne sont pas explicitement assumées. Il s’agit d’un point important. L’idée d’auto-organisation et l’idée d’émergence, qui est sa cousine germaine, suggèrent que les éléments d’un système s’organisent spontanément. Or, lorsqu’on analyse les exemples donnés par des auteurs comme Prigogine ou Kaufmann, on s’aperçoit qu’il y a toujours une contrainte externe globale qui s’applique sur ces systèmes et assure leur organisation. En d’autres termes, leur organisation n’est pas un processus spontané interne, il est causé par l’environnement.

VA : Quelle alternative proposez-vous ?

JJK : La solution que je propose consiste en une sorte de darwinisme généralisé, une extension de la sélection naturelle à l’intérieur des organismes. D’une part, la non spécificité des protéines a pour résultat d’introduire du hasard dans leurs interactions. Ce hasard est utile aux cellules car il permet de créer des structures nouvelles et de s’adapter au micro environnement, au milieu intérieur des organismes. D’autre part, ce hasard est aussi contrôlé par la contrainte sélective de l’environnement, qui trie et sélectionne « les bonnes interactions », celles qui sont utiles à l’organisme. En quelque sorte, la sélection naturelle de Darwin est projetée dans le milieu intérieur de Claude Bernard. Il s’agit là d’un résumé quelque peu brutal et caricatural de ma théorie, mais il en représente le principe général qu’il faut décliner dans toutes les situations expérimentales réelles.

VA : Pourquoi, dans votre livre, avez-vous jugé nécessaire de revenir sur la « théorie du milieu intérieur » de Claude Bernard ?

JJK : Effectivement, j’ai aussi consacré des développements pour expliquer en quoi consiste la théorie du milieu intérieur de Claude Bernard. On la réduit souvent à l’idée d’homéostasie, mais là encore c’est une caricature qui en dénature le sens premier. Pour Claude Bernard, le milieu intérieur est l’ensemble des conditions internes qui agissent sur les parties d’un être vivant et qui provoquent en retour leurs réactions. Cela conduit à une vision décentralisée, « anti finaliste » du vivant, qui est en contradiction avec la théorie du programme génétique. Ici je ne peux que renvoyer à la lecture de mon livre (ou de Claude Bernard lui-même) dans lequel j’ai consacré des passages assez longs à ce problème qui nécessite une analyse détaillée.

VA : Sur quelles expériences vous fondez-vous pour affirmer que l’expression des gènes est un phénomène aléatoire ?

JJK : A l’heure actuelle il existe une base expérimentale solide à l’appui de cette théorie. L’expression aléatoire des gènes est maintenant un phénomène démontré. Cela s’oppose à la théorie du programme génétique qui est déterministe par définition. Par contre, c’est la base même de ma théorie darwinienne. Dans mon livre je décris longuement toutes les données expérimentales qui la soutiennent. Evidemment, comme toute théorie, elle doit générer un nouveau programme de recherche expérimental pour aller plus loin. C’est exactement ce que nous faisons avec des collègues de plusieurs laboratoires qui collaborent étroitement dans ce sens. Dans quelques temps, nous pourrons en reparler mais je suis très optimiste. Il y a seulement dix ans, l’idée que l’expression des gènes puisse être un phénomène aléatoire était considérée comme trop originale par la majorité des biologistes (c’est un euphémisme !). Plutôt que de continuer à toujours répéter les mêmes schémas déterministes, il serait peut-être temps de se demander qu’elles en sont les conséquences sur le fonctionnement de la cellule…




 

 

 

 

 

assez courante quand la société a connu des changements économiques importants
assez courante quand il existe un écart entre théories idéologiques
valeurs enseignées
et pratique dans la vie quotidienne

autonomie
hétéronomie
valeur d'usage
valeur d'échange
introversion
extraversion
distinction entre aimer et être aimable

créatrice de formes nouvelles de relations humaines
créatrice de formes nouvelles d'autonomies
créatrice de formes nouvelles sans référence aux normes constituées
créatrice de formes ouvertes

ne résulte pas d'un trouble statistique
incite l'individu à des sociabilités jusque-là inconnues

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[ci-dessous, en écho à]

 

 

 

 

Documents - Soirée Ce qui secret - 24 mai 2012 à Nantes [1] - Ce qui secret 24 mai 2012
 [un écho ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici]

Soirée Ce qui secret à Nantes le 24 mai 2012, au Pannonica, à l'invitation de la Maison de la poésie de Nantes et du Pannonica. Avec Heddy Boubaker, Bruno Fern, Geneviève Foccroulle, Pauline Gélédan, Marta Jonville, Marc Perrin, Gwenaëlle Rébillard, Jean-Marc Savic. Documents.

Avec prénoms, mots, images, textes, phrases, brouillons, citations, et premières pages de L'éternel retour de Michel Surya publié aux éditions Lignes.

 

 

 

 

Heddy : brouillage

Pauline : revenant

Marc : production

Geneviève : l’écoute

Marta : se réveille

Jean-Marc : caverne

Gwenaëlle : pensée

Bruno : auteur

 

 

 

 

 

serait celui à qui les mots sont adressés
serait un jeune garçon un prince quelconque serait un mot
seraient celles tissées par l’entrelacement de mots quelconques
seraient celles tissant l’entrelacement des mots quelconques
seraient phrases et jeunes filles princesses en même temps
seraient tresses de leurs cheveux se défaisant tresses de leurs cheveux écrivant la partition d’un chant
seraient sirènes et nécessité d’un pluriel féminin
seraient les phrases du jeune garçon quand il cherche à savoir qui elles sont
seraient les pensées qui s’entrelacent quand il sent qu’elles sont en mouvement quand il sent leur transport d’une parole vers une  matière
seraient les pensées qui s’entrelacent quand il sent qu’elles sont dans le mouvement d’une parole vers quelque chose comme la formation d’un corps
seraient et serait en approche d’un corps jeune et quelconque
princesse prince ne signifie rien que celle celui qui prend la première place
princesse prince ne signifie rien que celle celui qui prend la place en premier
rivales et rivaux ne sont jamais loin princesse prince ne signifie rien que la bête première
ensemble de pensées et d’actions à l’approche d’un corps désiré
seraient les phrases d’une bête quelconque
seraient les phrases en elle qui se forment lorsqu’elle pressent qu'elles animent pensées et actions de l’approche en vie simultanément actions et pensées nécessaires à la parole sans matière pour qu’elle devienne matière simultanément nécessaires au corps sans corps pour qu’il prenne corps et place
seraient les phrases en lui qui se forment lorsqu’il pressent qu’elles sont dans la durée nécessaire à traverser pressent qu'il est nécessaire de les oublier nécessaire et nécessaires à connaître
mécaniques d’une parole lorsqu’elle met un corps en action et vient toucher un autre corps et le pénétrer durablement
jeunes filles phrases mots jeune garçon tous n’ayant bientôt plus accès à rien de la mémoire qui les renseignait sur ce que fut leur virginité
seraient les phrases en lui qui se forment lorsqu’il pressent les années durant lesquelles devenant femmes se forme pour les jeunens filles un adieu au pluriel commun
chacune singulière se formant un corps
énonciation de ce que le désir en chacun de leur corps se formant produit
chacune chacun oubliant peu à peu ce que fut ce corps d’enfant ou d’enfance
chacune chacun cheminant vers cet autre corps fut-il si jeune bête quelconque il est désirable
[en écho à...]

 

 

 

 

dehors il fait beau vent léger parfois plus fort il décoiffe
les slogans à la bombe des manifestants ont été effacés
la ville à nouveau  propre le mémorial officiel atteste d’une conscience valable
les informations médiatiques dans les conforts bien gardés
il poste une lettre il achète trois slips deux marcels et des huiles essentielles
ce ne sont pas des taches de sang c’est de la peinture rouge
ce ne sont pas les flammes après un bombardement est-ce que c’est un jeu
ce ne sont pas des playmobils en plastique ce sont des crs armés
au Sénégal Macky Sall va succéder à Abdoulaye Wade
attendez attendez la nuit pour dire que le jour a été beau

 

 

Michel Surya, L'éternel retour, premières pages, Lignes.

 

 

 

Fut-il proche - Marie de Quatrebarbes

 

 

 

 

 

 

  un plat de spaghetti composé de plusieurs Iliades et de plusieurs Odyssées, entremêlées en tout sens, dans lequel chaque « épisode » pouvait recevoir une interprétation d’ordre géologique.  

 

 

 

 

Tapez étoile - Françoise Valéry
 

Françoise Valéry - Bordeaux - 30 Octobre 2010
Clara 2009, portrait d’une jeune fille (suite) - Françoise Valéry
 

28 MAR – On arrive en hollande :-)

28 MAR – C’est bon on est arrivés, c’est hyper grand ! on a joué a la wii et maintenant dodo. Bisoux !!

2 AVR – Les tulipes les moulins les goudas et moi vous embrassent fort !

3 AVR – On est en france !

3 AVR – On arrive en retard, neuf heure et demi un truc comme ca…

3 AVR – On est presque presque arrivés

4 AVR – Ca finit plus tard que prévu, je sais pas si je reste jusqu’a la fin mais j’aimerai bien !

4 AVR – Ok bonne nuit bisoux

5 AVR – Je rentre a la maison

9 AVR – Coucou, finalement jai un truc prévu cet aprem (ciné !) Eske vous pouvez annuler le kiné svp et lui dire bonnes vacance ?

9 AVR – 18h30 et c a l’ugc…

9 AVR – Non on va chez un gars dla classe avant, au pire je prendrai 3 séances a la rentrée

9 AVR – Le film est fini ! Je rentre !

11 AVR – Bonjour ! On mange vers quelle heure ?

12 AVR – Je suis awake, je vais prendre le bus !

12 AVR – Je suis dans le bus

13 AVR – 22h30 ??

13 AVR – D’ac merci !

14 AVR – Je suis dans le train :-)

14 AVR – Chui a bon port ! Bisoux bisoux bisoux

16 AVR – Ca va ca va ! On dort sous tente puis on aide bien ouais ! Y a queudalle de réseau par contre, dsl si jrepond pas tout de suite. Tout va bien pour vous ?

16 AVR – Elle part quand maman dja ? Aujourd’hui jai planté une cloture, monté Zébulon, et couru après les anes. C’était trop bien mais chui CREU-VÉE !

17 AVR – Vous avez acheté un new mobile ?!

17 AVR – Mdr !

18 AVR – Bon voyaaaage ! Bisous <3

19 AVR – Boujour ! Le train arrive a 15h13 a bdx

19 AVR – Je suis a Toulouse, j’attend le train. Pas de retard !

19 AVR – Oui oui, je suis dans le train

19 AVR – Je serai voiture 16, fin du train quoi

20 AVR – Jpeux manger a la maison puis aller dormir chez anais ? On doit organiser sa fête…

20 AVR – Que fais tu ?

20 AVR – Je le fais

20 AVR – Hihi chui arrivée xD Bonne soirée

21 AVR – Les courgettes sont presque cuites !

22 AVR – Je sors du coiffeur

22 AVR – Oki

22 AVR – En fait jpense pas que je mange ici ce soir, mais je serai la a 17h30 pour t’aider ok ? Et demain midi je mange avec toi kebab.

22 AVR – Oki

22 AVR – Jy suis !

23 AVR – Je suis au tchai, a moin le quart jessaierai detre a la maison pour dire coucou !

24 AVR – Je vais essayer d’renter avant midi !

24 AVR – Anais peut dormir a la maison ?

25 AVR – Je rentre vers 19h, tu pourras me préparer un ptit frichti a manger stp ?

26 AVR – Je sors dchez anais

28 AVR – Euh 17h30 c lheure a laquelle jariv a la maison mais jvais essayer, tu peu me préparer un sandwich pour un gouter vite fait sil te plaiit ?

28 AVR – Oki merci

30 AVR – Je rentre a la maison…

30 AVR – Tu peux appeler le lycée pour prévenir ? Sinon ils vont envoyer un mot

30 AVR – Mcii

30 AVR – Ya du thé chaud !

07 MAI – Je vais passer a la maison avant

08 MAI – On est levés, on nettoie et jarrive !

08 MAI – Jariv !

11 MAI – Je prend le bus ca va !

11 MAI – Je passe pa a la maiso n finalement

13 MAI – Jai oublié mon livre danglais et c trés important alors a 13h30 je passe a la maison pourras tu me préparer un sandwich sitoplé ? jaurai pas le temp de manger sinon…

13 MAI – Non c’est bon jai trouvé un livre désolép our le dérangement

13 MAI – Désolée^^

15 MAI – Je vais etrew en retard

15 MAI – Ben dabitude jarrive a la demi ! La je sors du bus. Jai rdv a 18h au tchai avec anais, c dacord ?

15 MAI – Okay thanks

16 MAI – On arrive

16 MAI – Jai plus de baterie

17 MAI – Tout va bien

17 MAI – Oui c est clara

17 MAI – Estce que je peux dormir, chez lani parceque tatri c hiper loin et j ai un peu peur ?

17 MAI – La fille de l américaine asiatique

17 MAI – Merci !

17 MAI – Je pars de chez lani, ell e habite a la gare. Clara

18 MAI – C’est quand qu’on va voir good morning england ? Tu sais un lundi soir, la dernière séance du film…

18 MAI – Ok merci

18 MAI – Je rentre pas de suite, jvai a steak-fripes avec des coupines

18 MAI – Ah oui ok mais la jpourrais pas

18 MAI – Jarrive

19 MAI – Je rentre a la maison

20 MAI – Oups !

22 MAI – 14 en commentaire de texte sur victor hugo, YES !

22 MAI – Mais 11 en espagnol

22 MAI – Tu peux acheter du lait stp

23 MAI – Oui je tai dit que je dormais la bas et tout, je rentrerai vers 11h demain. Bisou bisou

24 MAI – Je pars de chez emeric !

24 MAI – Sauf qu’on a loupé le bus et que le prochain arrive a 11h >.<

24 MAI – Dacodac

26 MAI – 18\20 en histoire !

26 MAI – Ben kiné

28 MAI – Euh… Vous etes ou ?

28 MAI – Jpeux ouvrir le cado de jean marc baillieu ?

29 MAI – On est toujours pas arrivé !

29 MAI – Oui oui :-) désolée javais pas mon portable sur mwa ! Gros bisoux

30 MAI – Tout va bien c super cool jme croirai dans un agatha christie dans cette vieille maison au bord de la mer ! <3 bon week end a vous deux !

01 JUIN – On part d’ici a 15h !

01 JUIN – Oui tout baigne, on démarre ! Jvous tiens au courant !

01 JUIN – Oui surement ! Bisoux, jéteins mon portable jai plus dbaterie je le ralume si probleme.

01 JUIN – Jarive a bordeaux dans 30 km

02 JUIN – Je pars de la rock school

03 JUIN – Ok T.T Bisoux

03 JUIN – Jpeux rester au cours de chant de léaaaa ? Jai pas de boulot :-)…

03 JUIN – Okii

04 JUIN – 11/20 en physique et 18/20 en latin =D

04 JUIN – Ui

04 JUIN – Je rentre !

05 JUIN – 15 en espagnol !

05 JUIN – Jpeux arriver a 20h15 ?

05 JUIN – Oki ! C paske le cour d’anais comencé a 19h en fait…

08 JUIN – Il faut vite que tu me passes carte vitale+chèque…

08 JUIN – Je suis cours victor hugo jarive !

10 JUIN – Tu pourrais poster les cd et macheter du produit a zyeux stp ?

11 JUIN – Est-ce que vous m’autorisez a ne pas aller en cours cet aprem ? Yé soui trés fatiguée !

11 JUIN – Oui cté top ! donc je serai la pour midi et demie, merci boucou ! Faudra apeler le lycé

11 JUIN – Oui sauf si ya pasassez

11 JUIN – Ok super

12 JUIN – En fait je rentre a la maison a midi

12 JUIN – Chez anais :-) oui tout va bien et vous ?

12 JUIN – Euh t’es où ?

13 JUIN – Ca va ?

13 JUIN – Tout va bien =) la chui avec lou, il fait bien chaud ici aussi. Ce soir y’aura lucien aussi. Jai acheté 3 pizzas surgelées et des framboises. Gros bisoux, gaffe au coup de soleil !

13 JUIN – Oui

13 JUIN – Ca va ?

13 JUIN – Oui verry verry kood’ :-) bonne soirée

13 JUIN – Merci vous aussi =)

14 JUIN – Bon ap’ :-)

14 JUIN – De la laitance et des oeuf de poisson a la poelle, sil vous plait ! (Je suis chez lucien ;-)) Et vous ?

15 JUIN – D’ac ! Oui oui ca va. A ce soir

16 JUIN – Peux tu appeler caverne pour savoir quand est mn rdv svp ?

16 JUIN – Mercii

18 JUIN – Ca va micha ! Et vouvocha ?

19 JUIN – Elise ma apelé c ok pour le 23

20 JUIN – Jai pas le temps de regarder les horaires avant demain. Jespère que tout va bien, moi oui. Bisoux !

20 JUIN – Mdr ^^

21 JUIN – Bonneuh fèteuh papa =) bisoux bonne journée !

21 JUIN – Oui tout va, le concert s’est bien passé ! Et vous ?

21 JUIN – C ce soir, pour linstant y a que anais qui dort ! Bonne journée jvous tiens au courant <3

22 JUIN – Bonjour ! Vous arrivez a quelle heure ?

22 JUIN – Oki oui oui

22 JUIN – Je vais avoir 10min de retard

23 JUIN – Je suis arrivée !

26 JUIN – Bjour ! Très peu dréseau, tout est nickel, gros bisous love !

26 JUIN – Ca va bien jai rien oublié, le bjour des filles, jespère que tout va pour vous ! Gros bisous <3

1 JUI – Je suis a toulouse, jarrive a 15h13 normalement :-)

1 JUI – Ouf mon portable marche enfin !

1 JUI – Retard 15 min !

1 JUI – Est-ce qu’il fait aussi chaud a bordeaux ?

1 JUI – Olala mah qué calor !

1 JUI – Oui papa !

1 JUI – Numéro 15 :-)

1 JUI – Jentend rien, sms moi stp

1 JUI – Je tai dit que je suis en retard, jarrive a la demie minimum :-(

2 JUI – Oui oui ! A ce soir, bisou !

9 JUI – Très bon pastas très bon ! Bisou !

9 JUI – Je suis dans le bus, j’arrive dans 2h maxi. Bisous

11 JUI – Vous ou nous trois ?

11 JUI – Oui mais je sais pas où manger x) ok je viendrai !

11 JUI – Est-ce qu’on a une ventouse ? Les toilettes danais sont bouchés…

11 JUI – Bon alors je vais ptete passer !

15 JUI – Oui je suis a 20metre

15 JUI – Jvai acheté des bonets de bains pour les pieds !

15 JUI – C bon jai sauvé le couteau ! On embarque en retard ya un probleme

15 JUI – Jai fait les yeux du chat potté dans shrek et ils m’ont dit de le confier en cachette a la dame du Relay, qui a accepté gentillement et qui l’a mis dans une enveloppe avec mon nom et mon num :-)

15 JUI – Je suis arrivée

19 JUI – On va a la campagne ! Tout va bien ? C’est quoi le code postal de Tresses svp ?

21 JUI – Demain on vous appelle pour parler de la date d’arrivée a bdx. Bisoux a demain <3

26 JUI – Coucou c clara jai plus dcrédit avant le 31… On est a eljadida et on cherche une maison ! Bisou vous deux

28 JUI – Jai trouvé bon musique a papa et foulard beau a maman ! La plage au maroc c trop bien ! Tout va, meme pa malad. Gro bisou !

Françoise Valéry - Bordeaux - 31 Août 2009
Trépigna la princesse - Françoise Valéry
 

Aboya Zazie, les yeux au ciel.
Admit la Belle au bois dormant sans ciller.
Affirma Frankenstein affligé.
Amorça Hutch en claquant la porte.
Ânonna Laurel d’une voix synthétique.
Annonça Billy the Kid en éteignant la radio.
Argua Rahan en déboulant.
Articula Betty Boop, mignonne.
Assena Daffy Duck en surgissant.
Avança le Petit Poucet.
Avoua Maigret, sarcastique.
Bégaya Gaston Lagaffe, l’air de rien.
Beugla Spiderman en s’arrachant.
Bouillit Pluto, empêtré.
Brailla Cruella, échevelée.
Bredouilla Ali-Baba dans sa jarre.
Chuchota sobrement Alice détective.
Cingla Ma sorcière bien-aimée.
Claironna Starsky.
Clama la fée Clochette en désespoir de cause.
Conclut impatiemment Fantomette.
Confia Rouletabille.
Considéra Jeha le sage.
Conta Bécassine en cuisine.
Continua Goldorak, louchant sur la schtroumpfette.
Contra le capitaine Nemo d’un ton sans réplique.
Corrigea Barbapapa.
Cracha Austin Powers, belliqueux.
Crâna l’Inspecteur Gadget.
Débita Charlot tout de go.
Déclarèrent les Shaddocks.
Déglutit Fletch sans lâcher son gun.
Demanda platement James Bond.
Démentit le Touriste avec un rire sans joie.
Détailla la Jeune fille à la perle.
Distingua la Bergère, du haut de son étagère.
Dit Albator, prenant la mouche.
Embraya le capitaine Achab, sans chaleur.
Entonna Chen à la cantonnade.
Énuméra l’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau.
Éructa le Métallurgiste bourru.
Éternua placidement Snoopy.
Explosa Grominet, sans attendre.
Fit Cendrillon dans un sourire.
Fulmina le Dr Evil.
Glapit Sidney Bristow, surprise.
Grelotta la Petite marchande d’allumettes.
Grimaça Lolita, perplexe.
Grinça Pollux, cachant bien son manège.
Grommela Tintin au moment opportun.
Grogna nerveusement Adamsberg.
Gronda Barbe Bleue, attristé.
Gueula Nero Wolfe, affalé.
Harangua brusquement Meyer Meyer.
Hurla Bonnie à l’adresse de Clyde.
Imita Fifi Brindacier, farceuse.
Intima Miss Blandish, à la surprise générale.
Ironisa l’Homme qui tombe à pic.
Jura solennellement Wonder-Woman.
Laissa échapper John Barton Wolgamot.
Livra Melody Nelson, sibylline.
Mâchouilla Rambo, toujours immobile.
Marmonna Obélix, dubitatif.
Martela Pepe Carvalho en faisant irruption.
Maugréa le Jeune poète, abandonnant ses lettres.
Menaça Martine à l’aéroport.
Mentionna dignement le Petit Prince.
Mentit le Prisonnier.
Miaula joyeusement Barbarella.
Minauda Alice au pays des merveilles.
Mugit le Coyote en décollant.
Murmura Blanche-Neige à l’adresse des oiseaux.
Nasilla l’Alinéa, droit dans ses bottes.
Opina Pinocchio, désabusé.
Pinailla Jeckyll sur le retour.
Plaça Cendrillon, touchée.
Plaida sans détour le capitaine Haddock.
Postillonna Merlin l’enchanteur, émoustillé.
Pouffa Speedy Gonzales étourdiment.
Prédirent les Sept nains.
Présuma le Mari de la coiffeuse, fin saoûl.
Prétendit M le Maudit, convaincant.
Quémanda la Méchante Reine déguisée en vieille dame.
Ragèrent les Drôles de Dames en déambulant.
Rayonna Peter Pan.
Répéta la Petite sirène, les yeux dans le vague.
Répliqua Bartelby, laconique.
Répondit calmement Moumine le Troll.
Reprit Rocky, d’un seul trait.
Rétorqua Maroussia, nouant son tablier.
Revendiqua Corto Maltese, très digne.
Ronronna Milady en enfilant ses perles.
Rouspéta le Capitaine Caverne.
Serina Sancho Pança.
Siffla San Antonio à brûle-pourpoint.
Sollicita Picsou, sardonique.
Soliloqua Lucky Luke dans le couchant.
Souligna Robin des Bois.
Suggéra Magoo, opiniâtre.
Sursauta l’Homme qui valait 3 milliards.
Sussurra Cheherazade derrière son fin voile.
Tempêta Caliméro, excédé.
Tonna résolument le Grand Schtroumpf.
Toussota Zorro dans sa cape.
Trépigna la Princesse au petit pois, contusionnée.
Valida vivement Bip-Bip.
Vanta le Grand Méchant Cochon.
Vibra la Petite poule rousse.
Vitupéra vertement Marge Simpson.
Vociféra Tarzan, mécontent.
Zézaya timidement Mickey Mouse.

Françoise Valéry - Bordeaux - 10 Septembre 2010
Le désespoir de mes mercredis - Franck Pruja
 

L’avenir c’est du passé en préparation.
Pierre Dac


Ce livre est formidable. J’en ai consciencieusement fait la lecture. C’est un roman littéralement urgent. C’est dans l’absence d’événement que ce livre registre ce dont il est noirci, sans la moindre idée de ce qu’il renferme ou de ce qu’il révèle. Il contient un corps, sans réelle forme humaine et néanmoins pourvu d’un visage. Très vite on peut distinguer des yeux, un nez, des oreilles et des cheveux apparents. Visage sans visage, on découvre une élégie du corps à la seconde personne, page après page un trouble s’installe dans une insignifiance rejetée tantôt par le fondement même de la littérature, tantôt par une écriture rédactionnelle radicalement précise. Le livre ne finit pas. Il n’a ni début ni fin. C’est dans cet interstice que s’installe le clair obscur d’un langage dénudé par ses propres effets de style. C’est un roman que l’on lit sans plaisir spécifique. Une limite de l’évanouissement intellectuel qui décrit un cercle autour de son corps à la manière d’un travelling où l’on aura ôté l’objectif de la caméra, provoquant la brûlure immédiate de la pellicule par la lumière. Il est constitué de deux boucles simultanément projetées. Ce livre est aussi un étonnant documentaire sur le roman contré par un nouveau roman où les mots-ellipses se mêlent et se dédoublent dangereusement. Le lecteur est impliqué dans un stimulus historique dont il doit se défaire pour retrouver sa propre organisation de lecture et rebouter ses repères primordiaux. Une analyse absolue de ce premier roman n’apporterait rien de plus à une seconde lecture car les paragraphes chapitrent les nouvelles, la prose subordonne la rhétorique préliminaire. Là où le blanc subvertit les blocs et laisse place à une entreprise de principe et d’oubli, renversant parfois des passages inaperçus. Car c’est aussi en décrivant quelques scènes en filigrane que l’auteur s’inscrit clairement comme reporter hors-norme, vif de redistribuer ce qu’il s’est approprié dans ses livres de chevet.

*

Inédit et scabreux, le premier roman d’Émile Lato nous immerge dans l’épouvante la plus totale. À la limite de l’acceptable et de la censure, ici point de brume, pas de cimetière ni de ruelles étroites mal éclairées. Chaque phrase renvoie au décor sombre et rougeoyant d’un théâtre gore. L’auteur décrit les ambiances souterraines avec un scalpel d’une précision implacable : “une opération à cœur ouvert, assistée par ordinateur, commandée par des anthropophages ventriloques...” On l’aura deviné, l’histoire se déroule vers la fin du vingtième siècle, là où l’incohésion fait rage. Le style d’Émile Lato s’alimente de frissons voire de sueurs froides, provoque des tremblements nerveux jusqu’au bout des ongles au moment de tourner la page. Certains chapitres de ce roman n’auraient pas laissé indifférent Howard Philip Lovecraft, ainsi recommandé aux âmes sensibles et désireuses de déambuler dans ce vaste labyrinthe synthétique aux vitres teintées d’apparitions anaérobiques.

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Auteur de nombreux essais de science-fiction sur la téléportation, Clémentine Clémentz embarque le lecteur de ses dernières nouvelles pour un voyage multi-directionnel. Un voyage à travers la galaxie, à travers le mouvement spatio-temporel qui donne au sujet une sensation de vitesse constante, d’une apesanteur littéraire non sans humour. L’auteur galope à volonté entre la réalité et un monde virtuel doté d’incroyables possibilités technologiques intersidérales. Paradoxe de l’acuité progressiste, les repas ingérés par les acteurs de l’ouvrage restent essentiellement rudimentaires, les pilules nutritives sont passées de mode. On vous donne quelques recettes de bases dont celle du pain azyme, composé de farine, d’eau et d’une pincée de sel, pour vous préparer à ce bref parcours semé de rebondissements inattendus.

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Au départ un changement de vie est énoncé. Ce court récit/roman se divise en deux volets. Dans le premier, Jérôme, narrateur du livre, déménage au cœur d’une métropole, ce qui provoque un grand bouleversement, lui qui vivait jusqu’alors dans une chambre de bonne à la périphérie de cette grande ville jamais citée. Une fois installé, il se poste derrière les fenêtres de son nouvel habitat et observe attentivement le mouvement extérieur des passants. Il décide d’exploiter ce nouveau passe-temps par des descriptions minutieuses et littérales de leurs expressions et attitudes. Il se prend facilement à ce jeu littéraire jusqu’à imaginer des caractères anonymes. La fatalité veut qu’il tombe éperdument amoureux d’une femme bien plus âgée que lui sans même la rencontrer. Le second volet touche le mouvement et le désir ponctué de discrétion violente. Jérôme entame l’écriture du scénario d’un film. Une fiction se trame derrière sa timidité puérile, et il se consacre corps et âme à faire revivre l’instant où cette femme est apparue à ses yeux. Finalement, entêté dans ses fantasmes en quête d’abstraction, Jérôme s’efface de cet itinéraire de créateur et confie son ébauche de scénario à un ami réalisateur…

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Le sujet est simple, le résultat limpide. Le récit éparpille le rôle du temps, page après page, jeu sur et avec l’astuce de la lecture. Son argument n’est autre qu’un mur invisible où seraient inscrites de délicates ponctuations venues d’un esprit clair. Content de lui-même, il délivre un message dans l’espace considéré comme néant – ou alors vierge – d’où surgissent de courtes histoires, de petites séquences arrêtées à leur suffisance formelle. La langue évolue dans la continuité d’un univers singulier, prend en compte les écarts du pas tout à fait mis en regard avec les intrigues accessibles par de multiples clonages sans cesse mis en exergue. Natacha Polder emprisonne l’âme vagabonde. À la limite du cri sans son que l’on perçoit dans les rêves agités, ce silence laisse transparaître une avalanche de diversions désuètes. Quant au service minimum, en deuxième partie de livre, elle se demande ce que lui réserve l’avenir en éliminant l’ostentatoire.

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Près de deux décennies après la mort de sa femme un homme abandonne son quotidien, sa vie de rentier pour s’engager dans la marine nationale. N’ayant pas le physique suffisant et présentant une différence d’âge notoire, il doit affronter les pires humiliations auprès de ses camarades de classe. Passages à tabac et abus sexuels sont liés à son effondrement mental. Le capitaine du navire le transporte à l’infirmerie. Là, il plonge dans un sommeil profond. À son réveil, un commis cuisinier se tient à son chevet et lui conseille de débarquer incognito au prochain port. En l’occurrence, Malaga. L’homme s’en remet à sa volonté mais une forte amnésie prend le dessus. Sa mémoire récente s’émiette sous l’effet du choc. Remis sur pied, il profitera d’une permission pour déserter l’équipage. La valisette qui l’accompagne ne contient que le strict minimum. Après plusieurs jours de déambulation dans la ville portuaire, il rencontrera l’âme sœur qui lui rappelle étrangement, par sa morphologie (les descriptions sont extrêmement précises) son ex-femme à l’époque de leur première rencontre. Un véritable conte de fée prend forme au fil du courant. Le capitaine du navire le fera porter disparu auprès des autorités territoriales.

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Dans un livre érudit et vif, J.-P. Nadrouge tente de démontrer que pour être pérenne l’interactivité doit être expansive. On considèrera avec circonspection l’auto-représentation technologique constante relayée par une modernité captive, vif essor cependant indécis et mobile. Préoccupé de décrypter une légitime différence des genres d’une production discursive en son terrain de prédilection : l’image de synthèse en trois dimensions sur CD-Rom. Les jeux de combats à sensations sont restitués par le biais littéraire sans aucune illustration. Les créatures abstraites et simplifiées combattent des moulins à vent aux allures d’animaux sophistiqués. Par opposition, le mouvement éclaté s’associe à une communication téléchargée, l’habillage d’ensemble se référant à une simulation amplifiée de l’intelligence artificielle.
 

Franck Pruja - Bordeaux - 28 Mars 2009

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