Mintenan le non - Olivier Lamarque
 

Olivier Lamarque - Toulouse - 7 Novembre 2009
Lo fuòc de ta cigareta / Le feu de ta cigarette - Olivier Lamarque
 [un écho ici]

Abrandas ta cigareta
pas que per marcar
un tèunhe lum d’esper

lo solelh espèra
e res s’opausa pas
al pas per las carrièras voidas
que i crompam pas pus

d’unes s’espaurugan
quand los astres s’abolísson
e que sabèm pas pus
tornar trobar lo camin

lo fum te remanda
a tot çò escur
urós
dins aquel monde


_

 

Tu allumes ta cigarette
rien que pour manifester
une faible lueur d’espoir

le soleil attend
et rien ne s’oppose
au pas dans les rues vides
où l’on n’achète plus

il y en a qui s’affolent
quand les astres s’abolissent
et que l’on ne sait plus
retrouver notre chemin

la fumée te renvoie
à tout ce qu’il y a d’obscur
d’heureux
dans ce monde

Olivier Lamarque - Toulouse - 19 Décembre 2009
 

oui. laisse. laisse-toi. oui. laisse-moi un rien. laisse. moi un rien de toi qui te. laisse. pour nous. alors laisse-moi te voir encore. ce qui n’est déjà pas. rien. que je te garde. oui. je te regarde. déjà. alors. laisse-nous. tout de toi qui te. quitte. ce rien qui me. laisse. sans toi. laisse-toi sans moi. et toi laisse-moi nous quitter. te regarder encore. une première fois. comme toi. c’est moi que. tu regardes. ce moi que tu voulais déjà garder. un rien de nous. qui nous. laisse. encore. nous tout garder. car c’était ça. tout ce que nous voulions déjà avant que nous. fûmes. toi. et moi. car. ce n’était pas l’été qui nous avait laissé. mais hier. te voir déjà. hier encore. et tout te voir oui. et te revoir toujours. blanche. puisque l’été sans toi ce n’est pas tout.

oui. invente. un quoi. pour qui. pour ça. invente. pour que. tout. l’un. et l’autre. avec l’autre et l’un. avec. toi. invente-moi l’été. un autre été qui ne fut pas un rien pour toi. quand l’un était. avec. l’autre. ce presque encore était. avant que tout ce qui. fut déjà. ce pour. qui. toi et moi serons fêtés. avec l’autre. et l’un. oui. pour tout avec. et pour ce qui. comme toi. vois. ce rien du tout. d’après l’été. invente-toi avant. invente tout l’était qui laisse que je. regarde. avec. toi. quand nous l’avions laissé. pour nous revoir. ça. est tout. pour l’un. et tout. pour l’autre. ce qui pour nous qui nous invente. un rien de ça est fête. déjà. était. pour toi. pour moi. un tout de nous. un rien de fête qui nous inventera longtemps encore.

oui. donne. donne-moi à toi ce vers qui nous délaisse. qui nous. relie. ce verre que je renverse. ne tombe pas. ce pas de verre. qui tombe. un vers muet déjà. de quoi relire. l’autre. dans l’eau. oui. tu n’y es pas pour rien. quand l’un dans l’o du vers le oui que l’autre prononce i. renverse l’était. à oui l’hiver déjà qui blanchit tout. rien à relire. de ça. alors donné le tout. pour inventer celui qui va nous lire. encore qu’avant l’hiver ce n’était pas l’été qui tombe. pour tout relire. et tout relier. la feuille blanche. qui. pas à pas. redit qu’elle se délaisse. qu’elle fut ta tête. tu le vois bien. regarde-la un peu. et garde un peu tes pas d’hier. muets étaient pour toi. vas-y dans l’autre verser. et donne-moi ta valise rouge.

oui. bois. oui goûte ce verre. quand l’était tombe. bois. plus haut encore que tout. et plus tu bois le verre. et tout te donne de l’o. du oui. partout. du goutte à goutte. à travers moi. le toi du pas d’hier. tu n’y es pas là-bas. non plus. alors laisse-moi. dans l’eau du vers. au pas vers le matin j’irai dévaliser ce tout qui tombe en toi. on va bien voir ce que ça va donner. ça peut dejà blanchir ce qui est rouge. tu te rappelles. ce sang qui monte. alors en nous. quand il nous. garde. neufs. il est pour ça. ce long moment qui coule encore. il boit pour. nous. pour nous relier. il s’est encore donné à toi. et moi. voilà maintenant j’ai l’impression qu’il pleut. tu peux déjà laisser tomber ton beau bonnet dans l’eau du neuf.


oui. ne réponds plus de rien. à ce qui quoi. puisque c’est ça. tu sais qu’on ne répond pas à la neige qui monte en nous. tu sais que. répondre de rien est. encore et toujours. une fois. un oui. ce n’est pas ça. cette autre chose. l’une et l’autre comme deux j’ai. la mer et la rouille. qui l’une de l’autre est faite pour être chuchotée aux creux des vagues. aux creux des corps. on va bien voir vers le matin laquelle des deux est celle qui tombe en nous. j'ai encore plus que tout à toi à prendre. une goutte. tes pas dans la mer blanche jusqu'à moi. qui font. et fondent l'un en nous. je te l’ai déjà dit une dernière fois. un peu avant il y a longtemps. laisse. et sache boire la rouille qu'invente l’eau du verre qu’elle garde pour de bon.

Olivier Lamarque - Toulouse - 7 Janvier 2010
Carn marina / Chair marine - Olivier Lamarque
 [un écho ici]

èsser se
dins un còs

coma se
nos èrem perduts dins una pèira

coma se
nos i caliá veire las tèrras que viran

aquel movement per la
fin

quand te trases acabat
avantat
dins una carn marina

a l’escur
avanida

es atal que los membres contunhan de viure
d’un inedit placentari

e o sabes

sens ostal
ni mai pèira
sens pèira
ni mai ostal

sens saber cap arroina

son que lo lum que
- defòra -
te desbremba dins lo fuòc del solelh ponchant

l’insolent e prigond naufragi blanquinós
mièg liquid mièja flor
de la vida

 

-

 

être soi
dans un corps

comme si
nous nous étions perdus dans une pierre

comme si
nous devions y voir les terres qui tournent

ce mouvement pour la
fin

quand tu te retranches achevé
lancé
dans une chair marine

obscurément
évanouie

c’est ainsi que la membrure continue de vivre
d’un inédit placentaire

tu le sais

sans maison
ni même pierre
sans pierre
ni même maison

sans connaître aucune ruine

juste la lumière qui
- dehors -
t’oublie dans le feu du soleil piquant

l’insolent et profond naufrage blanchâtre
mi-liquide mi-fleur
de la vie

Olivier Lamarque - Toulouse - 21 février 2010
 

 

amb
la paur falsa. la pèl bauja. espelinsada

amb
aquela paret que contornam. tot a l’entorn. de las ombras

amb
lo negre. tant d’astres vius. dins los autres mondes

amb
lo temps de la partença. en mens. dins ton cap

amb
la man per l’agaitada. barrada. dins un autre imatge

amb
lo mot l’espandi. a tirar lo voide. que relança

nòstre còs
getat
pels diccionaris
de l’èsser

 

 

 

avec
la fausse peur. la peau folle. effilochée

avec
ce mur que nous contournons. tout autour. des ombres

avec
l’obscurité. tant d’astres vifs. dans les autres mondes

avec
le temps du départ. en moins. dans ta tête

avec
la main pour le regard. fermé. dans une autre image

avec
le mot l’espace. à tirer le vide. qui relance

notre corps
projeté
dans les dictionnaires
de l’être

Olivier Lamarque - Toulouse - 26 Mars 2010
Error 404 / Erreur 404 - Olivier Lamarque
 [un écho ici, et ici]



Olivier Lamarque - Toulouse - 18 Avril 2010
Los afars, installacion per joan-pèire - Olivier Lamarque
 

 

 

 

 

Olivier Lamarque - Toulouse - 26 Avril 2010
Alors que les murs sont - Olivier Lamarque
 

 

 

1. alors que les murs sont des

 

 

 

 

 


jou_

 

 

 

 

 

 

Ainsi il faut recommencer. Il faut être d’abord une tige souterraine. Une racine principale. Le but de tout participant consiste à ne point se renverser au ras du sol. Ce serait comme une maladie du sommeil. Il faut ensuite tout ramener du côté de sous la peau. Du côté qui va tout prendre. Qui fait usage de la déformation. Là où il y a la profondeur. En montant. Lentement. De là vers cela. Avec la nécessité de monter. Avec une nécessité. Comme ça. Tu montes.

 

Il faut du temps pour voir. On établit des règles strictes. On établit une agilité plutôt qu’une force. On se prépare ainsi. Remettre les épaules au-dessus des hanches. Avec la tête. Et dans la tête. Ne se soumettre à rien. Si ce n’est à la verticalité de la présence. Si ce n’est agir si peu avec les yeux. Si ce n’est s’éloigner. Être debout enfin en oubliant ce que le loin exprime. Savoir enfin qu’on ne fera pas du sel sur la terre.


Voir décollé de tout. Voir cela comme un amas d’atomes cartonnés. Voir le pied comme une alliance. Voir comme les yeux changent. En rassemblant. Voir ne dépend de rien si cela arrive. Car à l’origine apparaître n’a pas de sexe. Car à l’origine la main est éloignée de la bouche. Car à l’origine un kilo de papillons est égal à un kilo de souvenirs. C’est peut-être pour cela que tout se déplie dans la tête. C’est peut-être pour cela que nous parlons sans cesse. Que nous sommes condamnés à refaire le monde.

 

 

 

 

 

 

_er

 

 

 

 

 

 

La bouche est lourde. La terre est creuse. Tu regardes. Tu observes les mouvements du dehors qui glissent par collection. Tu vois une craie au sol. Avant de signifier un lieu la craie est d’abord une méthode. Une méthode objective comme le cheminement à soi. Du jour vers son contraire. Le jour et son contraire sont pour cette forme une aimantation dans la zone de la mémoire. Et la mémoire de cette zone est pleine quand elle se concentre dans  ta tête reposée.

 

Tu es reposé. Le visage est là. Puisque le corps est là. Le visage est calme. Puisque le corps est calme. Causalité physique. Puis le visage disparaît pour le corps. Dans la zone de la mémoire. Quand la craie touche à cet instant. Chant. Sang. Vide. Cigarette. Sexe. Signes. C’est le plus friable en toi à cet instant qui te comble le plus. Ce qui t’a disparu va te livrer. Une fois les choses reposées. C’est dorénavant le plus sédimentaire qui n’est plus là. Et qui pourtant te représente.


Tu te rappelles que tu as dessinés trois cercles blancs sur le mur d’en face au fond du décor. Tu as dessinés trois cercles blancs sur le mur d’en face. Tu dessines 3 cercles blancs sur le mur. Tu dessines 3 cercles. Tu dessines. Avec la main après. Dans une zone blanche de ta mémoire. Avant. Tu prends la craie. Tu prends la craie qui fait maintenant barrage. Tu l’avais avant cassée en deux. C’est la mémoire qui. Non pas se disloque. C’est la mémoire qui se dédouble. En mémoire du jour. Et en mémoire de son contraire.

 

 

 

 

 

 

_erm

 

 

 

 

 

 

Un jour. Un jour une femme lit. Un jour. Un jour un homme lit. Un jour la femme lit que le femme est un liquide. Un jour l’homme lit que l’homme est un liquide. Un jour la femme est un liquide pour l’homme. Ou pour la femme. Un jour l’homme est un liquide pour la femme. Ou pour l’homme. Un jour l’homme et la femme sont des liquides pour eux deux. Ensemble ils sont tous les deux des liquides pour le monde. Dans ce jour. Ils sont tous les deux des liquides qui finissent par laisser le livre ouvert. Un livre entièrement trempé dans lequel on ne peut plus rien lire du tout.


Il paraît que tu as fait ci. Il paraît que tu as fait ça. Ci ou ça. Il paraît que. Non. Pas la volonté que. Mais. Ferme. La femme disait qu’il pleuvait dans la maison. Mais qu’elle avait fermé tous les volets. L’homme disait qu’il pleuvait sur la ville mais qu’il n’avait jamais vu cette ville sur une carte. La femme disait que la mer n’était plus là. L’homme disait que la mer avait disparu. Ils disaient que la mer était un liquide. Par l’eau. Un liquide pour le monde depuis des millions d’années. Ils disaient que la mer était un liquide qui s’était absenté d’ici depuis des milions d’années. Ils disaient que cela était marqué dans un livre fermé.

Non. On ne peut pas nager dans un livre fermé. Il paraît qu’on s’en tire en mettant tout très loin. Si. Dans le contexte d’un tout très loin il paraît que l’on se sépare de tout. Que les mots surnagent. Que les mots sont des espaces. Et que les espaces font la liaison le plus longtemps possible entre des mots et des images. Il paraît que l’adhésion d’un seul mot et d’une image sur le papier trempé ne fera jamais un corps. Le corps d’une femme. Et le corps d’un homme. Qui ont arrêté de lire et qui vivent par dessus tout.

 

 

 

 

 


2. the art of fugue was never completed before the death of Bach (part 2)

 

 

 



 

 

 



 

 

 



 

 

 

 

 

3. lo marmús tu que te sabes

 

 

 

un desir un objècte un ausèl una pòrta
un desir un objècte una pòrta un ausèl
un desir una pòrta un objècte un ausèl
una pòrta un desir un objècte un ausèl

barri la pòrta

pòrti una pòrta
pòrti un objècte sus la taula
pòrti un desir sus la taula
pòrti un ausèl sus la taula

pòrti la pòrta sus la taula
puèi dubrissi la pòrta
l’objècte del desir que pòrti es un ausèl

soi un ausèl dubert sul monde

 

 

un désir un objet un oiseau une porte
un désir un objet une porte un oiseau
un désir une porte un objet un oiseau
une porte un désir un objet un oiseau

je ferme la porte

je porte une table
je porte un objet sur la table
je porte un désir sur la table
je porte un oiseau sur la table

je porte la porte sur la table
puis j’ouvre la porte
l’objet du désir que je porte est un oiseau

je suis un oiseau ouvert sur le monde

Olivier Lamarque - Toulouse - 26 Août 2010
Les scènes idéales font mal - Olivier Lamarque
 [un écho ici, et ici, et ici]

Olivier Lamarque - Toulouse - 26 Août 2010
enquèsta 1011 - Olivier Lamarque
 [un écho ici, et ici]

Olivier Lamarque - Toulouse - 8 Janvier 2012

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