6 avril 2009, 2h49 - Marc Perrin
 [un ├ęcho ici]

 

Pour la réponse. Rapide. Pour la belle. Rapide. Pour le doute. Et la lenteur. Pour le sentiment. Qui prend. Pour le danger. De la pensée. Pour la peine. Affirmée. Pour la peine. Combattue. Par la question. Pour le corps. Qui ouvre. La question. Pour la réponse.

C’est très gentil le regard que tu poses là sur mon corps qui s’avance vers toi. Elle est belle ton attention non ne crois pas ça ne crois pas à la pureté mon enfant inutile que je te le dise il te faudra l’apprendre le vivre encore une fois afin que tu puisses enfin commencer à oublier ce que je viens de dire mais pourquoi donc m'a-t-il fallu te parler.

À celles et à ceux qui apparaissent.

À toi dont le regard saura déployer l’attention et poursuivre par l’attention même le geste, la phrase, le trait, la vibration, jusqu’à te modifier le regard, sa couleur, son axe, son point de présence.

Modifie ma suite écrite sans l’avoir vécue. Modifie la suite : à chaque modification, du vivant s’écrit.

Quelle commune mesure se crée dans le tissage de nos attentions. Est-ce que nous répondrons seuls jusqu’à la fin.

Je ne crois pas à l'écriture une. Je crois à l’écoute. Je crois à l’espace inconnu entre nos corps. Je crois à l’écriture enfin se risquant à devenir autre. Une croyance n’est pas une action.

Il demande un geste. Répondre demande un corps. Je ne te cache pas que / continuons le chemin, dans l'oubli du commencement, enfin…

Action dans la réflexion. Réalisation par la précision. Par la prolifération.

N’hésite pas. Viens. N’hésite pas. Entre. Est-ce que tu as les clés. Est-ce que tu as le visage que j’attendais. Efface l’image de l’attente. Et viens.

Le cœur. Le temps. Par la forme d’un corps inédit qui bouleverse en toi l’idée même du corps. Viennent répondre. Mais. Dis-moi. Quelle est cette voix fatiguée.

Le temps me pèse. Le cœur s’affole. Et je veux un corps neuf afin de rendre au poids de ce temps la légèreté que mon oubli lui avait retiré. Et ce qui se donne, d’un corps à un corps, a pour nom ce qui ouvrant la phrase maintient et poursuit d’elle son mouvement par le geste qui.

… nous nous les donnons et les maintenons vivants et les portons, ensemble… et seuls, chacun notre tour, selon les forces du jour…

Pour ta réponse. Et dans l'attente. Je lis. J’entends. D’autres mots. J’attends. Je lie. Autrement. J’attends. Ta réponse. Je n’attends plus. Et je reçois la masse et le poids et l’enthousiasme. Dans un même temps.

Quelles sont les pièces de cette maison que je vois attachées au bout d’une ficelle à ton pied gauche. C’est la première question que tu me poses lorsque tu me vois.

Dans l'attente de te lire. Dans l’attente de. Te connaître. Dans l’attente du. Salut. Dans l’attente d’un. Futur. Il s’accoude à la rambarde en métal et de l’autre côté de l’eau voit le nouveau commissariat et ses fentes dans les murs, comme des yeux de menace. Il comprend que l’attente est un mouvement d’accueil et d’attention, doublé d’un geste qui donne. Comprendre ne suffit pas. Un homme lui demande une cigarette. Un homme avec une convocation dans la poche. Un homme marche vers le commissariat.

Heureux de te lire. Heureux du lien qui se tisse et de la réponse. En écho. Avec. La clarté qui se fait. Avec. Nos vies et les rapports. Entre. Avec. Les parties enfouies, les parties révélées. Les autres partis, et qui reviennent. Avec. Le retour en avant. Nos paroles. Nos gestes. Nos vies bouleversées.

Et. L’absence de précisions à donner quant à ce qui vient. Demande-moi. Si tu as des doutes. Et par ta demande : réponds. Offre l’idée qui t’échappe.

Quelle est notre adresse commune. Quelle est cette solitude d’adresses. Réponds. Je. Cherche. L’adresse du présent. Et. Ne lui correspond aucun lieu fixe autre que celui de mon corps. Nulle adresse fixe à mon corps pour la question vive.

Je reçois. Ta réponse. Comme une injonction. Je reçois. Ta réponse. Comme un présent. Heureux. Je compte. Combien. Nous sommes. Non-sens. Je compte. Sur toi. Danger. Je t’invite. À venir. Je modifie. C’est à moi. De venir. Je pense. À défaire. Les chaînes. Du travail. Je pense. À la beauté. D’un amour. Libre. Je pense. Et je demande. Écris-moi. Dans la beauté. D’un amour. Libre. Je pense. Écris. Toi. Dans la beauté. Libre.

Ce que je connais de toi et que j’aime. La beauté de toi que je veux revoir. Tout autre. J’arrête. Toute demande. Je réponds. Alors, quel oui ?

Marc Perrin - Nantes - 6 Avril 2009