2.2 « En d'autres termes, nous ne connaîtrions rien » | Maxime Actis & Marina Bellafaye


En d’autres termes, nous ne connaîtrions rien – et en effet nous n’en connaissons rien, des processus de notre pensée – si jusqu’à un certain point, laissez-moi le dire pour accentuer ma pensée, si nous ne faisions pas de psychologie. En d’autres termes, c’est parce que nous parlons de ce qui se passe en nous, que nous en parlons dans des termes à la fois inévitables et – d’autre part – dont nous savons à proprement parler l’indignité, le vide, la vanité, c’est à partir du moment où nous parlons obligatoirement de notre volonté comme d’une faculté distincte de notre entendement, comme de quelque chose qui aussi serait une faculté, c’est à partir de ce moment que nous avons une préconscience, et que nous sommes capables, en effet, d’articuler en un discours quelque chose de ce cheminement par lequel nous nous articulons en nous-mêmes, nous nous justifions, nous rationalisons pour nous-mêmes, dans telle ou telle circonstance, le cheminement de notre désir.

 

Lacan, Jacques, Le séminaire, livre VII, L’éthique de la psychanalyse : 1959-1960 (texte établi par Jacques-Alain Miller), Paris, Ed. du Seuil, 1991, p. 85

 

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