2.1 lettre 3 | Maxime Actis & Marina Bellafaye


La dernière fois de manière très étrange il s’est produit quelque chose.

Un adulte montrait un tableau à ma fille. Le tableau consistant en une sorte de nature-morte gastronomique où étaient disposés, sur un grand plat, des poissons. En arrière-plan, un bateau, la mer, un quai grossièrement représenté – détails nous faisant comprendre que la scène se passait à côté d’un port, quelque chose comme ça.

Alors qu’il le montre, l’adulte pense toujours avoir plus de mots que l’enfant.

L’adulte pense aussi, le plus souvent, et c’est une habitude prise depuis très longtemps, que l’idée d’éducation passe par la leçon. Aussi bête à dire que ce soit, certains ont fait l’histoire de la didactique et des rapports de domination qui régissent la plupart des apprentissages, rapports de force, rapport de conflit et toujours rapport d’une source à un buveur d’eau (comme si l’assoiffé ne pouvait pas creuser tout seul pour trouver quelque chose à boire). Mais assez peu remettent volontairement et violemment cette aliénation en question.

Celui qui veut boire et n’a envie de compter sur personne, en même temps que de chercher son trésor, découvre une suite d’outils utiles à son cheminement, seul, est inventif à partir d’un désir de rien du tout.

Finalement.

Alors l’adulte dit : tu vois, c’est un poisson.

Ce à quoi elle répond : oui mais en fait il est mort.

Les choses se terminent souvent comme ça.

 

Maxime

 

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