Épisode 1 : Le pouilleux - Camille Escudero & Charles Pennequin
• 21/01/2015 11:10
Camille Escudero :
ça me travaille le truc pour CeQuiSecret là, avec le Pouilleux






• 21/01/2015 11:10
Charles Pennequin :
l'axe d'amour envoie ses missiles eSCUD






• 21/01/2015 11:10
Camille Escudero :
le Pouilleux en plus cest le valet






• 21/01/2015 11:10
Charles Pennequin :
le Pouilleux?
ah!
nous dans le nord on disait le Puant!
le puant, ou le pouilleux, il fait partie de l'armée noire
c'est un pion gagnant !










• 21/01/2015 11:11
Camille Escudero :
le valet puant
mais en même temps, j'aime bien l'expression du style : "j'aime tellement un truc que j'en boufferais sur la tête d'un pouilleux"








• 21/01/2015 11:12
Charles Pennequin :
ah oui
mais quel rapport avec Deleuze, avec ce passage notamment?
tu l'as lu ?








• 21/01/2015 11:14
Camille Escudero :
ben j'aimeginais un corps où tous les organes auraient déserté
les organes ont rendu les armes
les organes jouaient aux cartes
quand ils étaient là
des cartes imprimés.
maintenant que les organes ont déserté
l'imprimerie a fermé
et il ne reste plus que tout seul, le pouilleux qui vole dans le corps évidé
et le pouilleux , il est né d'une imprimerie mais il s'en tape de l'origine
lui, dans ce corps évidé, le pouilleux voudrait monter une "exprimerie"
voilà, j pensais à ça dans ma douche



















• 21/01/2015 11:17
Charles Pennequin :
superbe !
vraiment génial







• 21/01/2015 11:17
Camille Escudero :
une imprimerie , c'est quoi, c'est une usine à coucher les mots sur le papier
une exprimerie , ce serait pour remettre les mots debout








• 21/01/2015 11:22
Charles Pennequin :
et tout autour du CSO
tout autour tout autour
il y aurait le foie
le pancréas
et le valet de pique
et le 2 de pique aussi ? :-)
non mais en fait c'est un super début...












• 21/01/2015 11:26
Camille Escudero :
c'est quoi le CSO?






• 21/01/2015 11:40
Camille Escudero :
ah oui le corps sans organe!
moi je me disais, ah ça doit être un truc comme le CSA spécifique à la littérature
le corps sans oral
hahahaha!!










• 21/01/2015 12:00
Charles Pennequin :
oui j'avais fait des videos où j'étais Grand corps sans organe, à l’instar de Grand Corps Malade , on pourrait s'appeler comme ça ?
on serait un duo de slam
et on s'appellerait Grand Corps sans Oral










• 21/01/2015 12:28
Camille Escudero :
mon Charlie!
j'ai commencé à écrire le pouilleux
c'est un pouilleux qui aimait bien les papouilles








• 22/01/2015 10:50
Charles Pennequin :
mais donc c'est deux textes qu'on va faire?






• 22/01/2015 10:51
Camille Escudero :
ben non
un texte
mais comm
mais comment on fait!
on fait en ping pong?










• 22/01/2015 10:52
Charles Pennequin :
je sais pas je trouvais super rien que le tchat où tu en parles
faudrait faire un tchat







• 22/01/2015 10:53
Camille Escudero :
ah oui!
tu as raison
tchat à papouilleux
donc le texte serait le tchat
?










• 22/01/2015 10:55
Charles Pennequin :
ben faudrait reprendre quand tu m'expliques
tu sais
sur facebook
et aussi celui de gmail









• 22/01/2015 10:55
Camille Escudero :
oui!
en fait j'ai quand même besoin de l'écrire cette histoire.
Parce que le pouilleux, en faiit il est seul, dans un trou sans bord
parce que c'est quoi un CSO, c'est un trou sans bord
il se souvient du temps où le trou avait des bords
des bords et des masses dedans
ces masses, s'appelaient foie, pancréas, coeur, poumouns
normalement, ces masses, elles auraient dû travailler à l'harmonie du trou, mais elles en avaient marre














• 22/01/2015 10:58
Charles Pennequin :
on peut débuter par ça
le tchat







• 22/01/2015 10:59
Camille Escudero :
oui!






• 22/01/2015 10:59
Charles Pennequin :
après tu écris ton texte






• 22/01/2015 10:59
Camille Escudero :
et on en fait un texte? une vidéo? une pièce sonore?






• 22/01/2015 12:09
Camille Escudero :
tu mange????s
moi je lis Deleuze







• 22/01/2015 13:11
Charles Pennequin :
ben oui adèle avait fait des crèpes
alors on a regardé orange mécanique, avec mamar







• 22/01/2015 13:59
Charles Pennequin :
je t'ai envoyé par gmail le passage en question
ah j'en sais rien c'est pour reveue papier
?








• 22/01/2015 14:03
Camille Escudero :
ben il a dit plusieurs formes
peut-être quil veut intégrer un CD ou ché pas quoi
c'est d'abord sur le net que ça paraît
je crois









• 22/01/2015 14:06
Charles Pennequin :
ok donc la forme tchat comme je t'ai envoyée est bien, avec les petites icones et tout
on peut mettre ça sur un photoshop
si tu as
bon moi je vais pas pouvoir bosser dessus là !
faudrait en garder pour quand on est à deux tous les deux











• 22/01/2015 14:08
Camille Escudero :
ok , ça roule mon Charlie!
nous c'est la forme du tchat, en fait , ça fait deux ans qu'on bosse
faut pas croire








• 22/01/2015 14:09
Charles Pennequin :
ben oui !
plus de deux ans même !







• 22/01/2015 14:10
Camille Escudero :
ça bosse dns l'écrit pas imprimé
ça bosse pas dans le livre
ça bosse dans l'écrit








• 22/01/2015 14:11
Charles Pennequin :
voilà
on n'est pas des écrivains...




















































































































































































on n'est pas des écrivains

on est des ratatinés. on a à voir avec le ratatinement. on s'écrase au plus profond. on n'est pas profond. on n'a rien à voir avec ce qui fait l'écrivain. on est dans l'écrit. l'écrit c'est-à-dire on s'oublie. on est porté comme disparus dans le langage. c'est la notion de parler qui fait défaut. c'est la notion d'avoir des relations. c'est la notion d'être. c'est la notion d'en vouloir et d'être. alors qu'on nous a posés là et qu'on n'en bouge pas. c'est tout dedans que ça remue. c'est quelque chose en dedans qui fait son remue-ménage. c'est même pas nous. nous on sait pas qui on est. on serait des nôtres. mais on n'est déjà pas là avec le personnage qui est moi. on n'a rien à voir avec un moi qui écrirait. ni un nous. l'époque est au nous. mais l'époque n'est pas un nous scientifique. ni un nous microbien. c'est le nous-nous noué à l'humain. c'est dégueulasse. l'époque dégueule du nous à travers nous. nous ne sommes pas du même bois que ce nous. nous sommes toujours avec le métal. nous sommes avec les vitres et les poutrelles. et nous sommes toujours d'accord avec les microbes et l'électricité. nous sommes profondément envieux du nucléaire. quoi qu'il arrive. les philosophes ne gagneront pas la guerre ouverte au langage sans nous. le nous tout nous-nous et noueux qui broute pour sa chapelle. des grosses vaches. des gros culs d'ego portés. des portés de pelotons d'ego noués. voilà ce qu'ils sont tous les humains qui parlent trop. ils s'aiment en parole. c'est la parole qui fait l'amour. l'amour n'existe pas sinon. c'est toute l'articulation. c'est la modulation de fréquence. c'est le bon ton et la bonne gueule à bégayer des je t'aime qui font que ça s'amourache dans l'herbe à vache. mais les vaches s'aiment autrement. on aime autrement quand on est veau vache ou cochon. on n'a pas besoin de savoir quoi dire à sa fiancée. on la roule dans la bouse. on lui patine mollement le museau. on s'en fout des mots. tous les mots des seigneurs des mots. tous les potages imbuvables à la science à parler. on ne veut plus parler. on veut braire.
En écho à Anti-Œdipe, pages 285 à 324 - Camille Escudero & Charles Pennequin - 26 Mai 2015