Paysage disponible - Olivier Bardoul
 

J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Bleu le ciel vers la terre et la mer plutôt claire.

J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Pas d’une vilaine vallée, de couleuvre à avaler.

J’ai rêvé d’un paysage disponible,
La pluie si fraîche, la fraise si rouge,
Des chevaux sauvages galopant sur la plage.

J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Pas de rempart à la cité, pas de case où nous ranger.

J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Là-haut des oiseaux hauts-perchés,
Et à mes pieds de petites fourmis pas toutes si acharnées.

J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Des potagers, des pédalos, des cachalots.
Vers l’horizon, sur la banquise, les ours bi-polaires.

Non, pas de solvant déversé dans les eaux, de nitrate à avaler
Ni de sacs plastique dans le ventre des baleines échouées.
J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Des marmottes, des hyènes à foison, des bisons.
Et vivant, au plus profond des abysses, des résidents sans nom.

J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Peuplé de loup, de chèvre, de chou.
Un paysage organique sans écran plasma, ni multimédia.
Nos sens pour toute forme de connexion.

J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Avec des scorpions, des mygales, des varans, et dans une sombre grotte grise
En suspens, une chauve-souris toute mauve.

Sans prédateur humain, sans messie ni prophète, sans aller plus loin,
J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Rythmé par les saisons, les moissons.
Un sentier ou butinent les abeilles, des ruches, du miel.

J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Où l’on pourrait s’oublier un peu, bouquiner qui veut, s’envoler, farniente.
Qu’en pense l’aigle, la buse, leur cousin butor planant plus bas ?
Ne serait-ce pas plus chouette qu’un parc d’attraction ?
Un paysage disponible.

Olivier Bardoul - Nantes - 10 Janvier 2010